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Août 2023

Quels enjeux pour les bâtiments de demain ?

Alors que le secteur du bâtiment affiche encore une belle dynamique avec un chiffre d'affaires dépassant les 170 milliards d'euros en 2022, il doit dans le même temps assumer un bilan sans appel : 24 % des gaz à effet de serre (GES) sont émis sur l'ensemble de son cycle de vie, de la construction à la déconstruction. Avec l'arrivée de la réglementation environnementale 2020 (RE 2020) imposant un objectif clair de sobriété énergétique dès cette année, de nouveaux enjeux émergent pour le BTP : un enjeu environnemental, mais aussi un enjeu sociétal et un enjeu productif.

Quels enjeux pour les bâtiments de demain ?

Un enjeu environnemental 

Selon l'observatoire E+C-, les phases de construction et de démolition des immeubles sont à elles seules responsables de 60 à 90 % de l'empreinte carbone des bâtiments. Outre ces phases décisives, les GES sont également émis, non seulement durant toute l'exploitation de l'immeuble (chauffage, climatisation, éclairage…), mais aussi durant toute sa construction. C'est la raison pour laquelle dès 2022, la RE 2020 fixe un objectif de performance évolutif. A terme, en 2031, une baisse de 35 % du niveau d'émission par rapport au niveau de référence actuelle est attendue. 

 

Pour y parvenir l'ensemble des acteurs de la filière se mobilisent. Entreprises, fabricants et industriels sont invités à parler le même langage : celui de l'innovation, tant sur les procédés que les matériaux. Béton bas carbone, développement du recours au bois pour les planchers, les poutres ou les éléments de façade, démultiplication des énergies renouvelables grâce, par exemple, à la généralisation de couvertures photovoltaïques en toiture… l'ensemble des moyens mis en œuvre doit converger vers cet unique objectif : atteindre cette surperformance environnementale.

 

Côté modes constructifs, les acteurs sont également en ordre de combat. Une des propositions les plus abouties à date réside dans la préfabrication en atelier des pièces importantes comme les escaliers, les balcons ou les salles de bain. L'objectif est clair : optimiser toujours davantage la consommation de ressources et d'énergie inhérentes à la construction de chaque logement, mais aussi chaque bâtiment, public ou privé. Dans ce contexte, le numérique s'impose aussi comme un levier incontournable pour garantir le succès de l'entreprise. Maquette numérique, démocratisation du BIM et dématérialisation des procédures devront s'imposer quelle que soit la taille du chantier. N’omettons pas la généralisation de la data et le déploiement de l'intelligence artificielle, amenés à compléter harmonieusement la liste des moyens à mettre en œuvre.

 

Toutefois, l’importance du numérique est à observer sous le prisme des mêmes enjeux environnementaux. Responsable de 3 à 4% des GES dans le monde et de 2,5% de l’empreinte carbone nationale, l’usage du numérique doit toujours être réalisé si et seulement si le bénéfice s’avère supérieur au risque environnemental. En effet, si aucune action n’est mise en œuvre pour réduire cette empreinte carbone, les émissions de GES augmenteraient de 60% en 2040. C’est tout l’intérêt du BIM qui permet à l’ensemble des acteurs du bâtiment de revoir leur façon de concevoir et de construire un ouvrage, mais aussi d’évaluer les performances thermique, environnementale, le confort et l’esthétique de chacun grâce à des logiciels de simulation dédiés, intégrant l’ensemble des éléments d’exploitation de tout son cycle de vie. C’est ainsi que nous sommes passés du BIM au RIM (ressource information modeling), ultra-modélisation permettant, grâce aux informations fournies sur le projet, de dresser un diagnostic des matériaux utilisés et de calculer leur impact carbone, de l’approvisionnement en matériaux jusqu’à la démolition. Les possibilités de recyclage ou de réemploi des matériaux peuvent aussi être intégrées dans cette programmation extrême, propulsant ainsi le bâtiment durable sur le devant de la scène.

 

Et parce que la sobriété énergétique ne peut se concevoir en excluant le parc existant, un effort majeur doit être déployé en matière de rénovation des logements, ainsi que la réhabilitation des bâtiments sur l'ensemble du territoire. Le développement massif d'aides, comme MaPrimeRenov’, atteste de la volonté manifeste des pouvoirs publics à s’engager dans cette démarche d’accompagnement.

 

Enfin, les professionnels sont invités à entretenir, voire optimiser leurs compétences pour mener à bien toutes les opérations de curage des bâtiments, en particulier l'analyse de la stabilité structurelle, mais aussi l'identification et le traitement de matériaux dangereux, comme l'amiante ou le plomb. La prévention des risques de blessures ou de troubles musculo-squelettiques chez les opérateurs sera également un enjeu pour atteindre les objectifs précités.


Un enjeu sociétal

D'ici 2060, 42 % de la population aura plus de 60 ans. C'est dire l'importance majeure d'adapter les logements, ainsi que la globalité des établissements publics et privés, l'ensemble des villes… à cette nouvelle donne démographique. En outre, la récente crise sanitaire a majoré un phénomène qui se profilait déjà avant 2020 : la grande porosité entre le monde du travail et l'habitat. Dès lors, c'est la conception même de ces nouveaux logements, intégrant l'évolution de nos modes de vie, qui doit être repensée. Ce besoin d’un genre inédit a même créé une nouvelle activité : le design thinking. Quant aux logements existants, l’heure est également à l’adaptation aux attentes des habitants d'aujourd'hui. Ici encore, le numérique « intelligent » est amené à jouer un rôle majeur dans la conception de logements 2.0, tant dans la distribution de l'espace que dans l'équipement, éco-coresponsable par essence.

 

Un enjeu productif

Pour faire face aux enjeux environnementaux, le BTP doit revoir ses process productifs. Une obligation d'autant plus impérieuse que depuis plus de 20 ans - et contrairement aux autres industries, notamment automobile - le secteur affiche une réelle stagnation. Un constat imputable, à la fois à la hausse des prix de construction, à la croissance inexorable des prix du foncier, mais aussi au manque de standardisation, d'industrialisation et de digitalisation du secteur. Si la construction hors site représente une voie de développement déjà citée, c'est bien le concept même de proximité qui semble la clé de voûte de l'essor du BTP. La crise sanitaire a remis cette proximité au cœur des préoccupations. Où les Français veulent-ils vivre aujourd'hui ? Comment veulent-ils vivre ?… De la métropole au village, les usages se redessinent, impactant les modes constructifs et la qualité des logements. 

 

Un enjeu beaucoup plus global auquel répondront assurément les professionnels du bâtiment, au service de la société, de son cadre de vie et de la construction des logements de demain.